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Permis moto : mon retour d’expérience

De
le
12/07/2018

Il y a quelques mois j’avais mis en ligne une série de vidéo en quotidienne sur YouTube où je partageais mon expérience sur le permis moto. Réalisée en voix-off avec des vidéos d’illustration de mes balades, ce sujet est finalement mieux adapté à un format écrit. Cet article reprend donc le contenu des vidéos.

Le but n’est pas de parler de l’aspect pratique et administratif du passage du permis moto. Il y a déjà suffisamment de contenus consacrés à ce sujet. Je souhaite partager mon histoire, pourquoi j’ai passé le permis moto, qu’est-ce que j’en ai pensé et comment je m’y suis préparé.

L’avant permis

Les différentes catégories

Aujourd’hui, en France, il y a deux façons pour conduire une moto légalement sous route ouverte : les permis de la catégorie A, avec le A1 dès 16 ans et qui vous permet de conduire une moto jusqu’à 125 cc (en réalité une moto de 11 kW et dont le rapport poids/puissance ne dépasse pas 0,1 kW/kg) ou le permis A2 à partir de 18 ans pour des motos jusqu’à 35 kW (47,5 ch et 0,2 kW/kg). Depuis 2016, on ne peut plus passer directement le permis A sans limitation de puissance et ce sujet sera traité plus loin dans l’article. J’exclus également le permis AM qui est l’équivalent européen du brevet de sécurité routière (BSR) à partir de 14 ans et qui n’est pas un véritable permis puisqu’il n’y a pas d’examen à la fin des 7 h de formation. Ce permis permet de piloter un cyclomoteur de 50 cc bridé à 45 km/h.

La formation 125 cc pour le permis B

Il y a également une autre façon de faire une incursion dans le domaine de la moto, c’est celui de la formation complémentaire de 7 h qui permet de conduire une moto de 125 cc pour les titulaires d’un permis B de plus de 2 ans. La catégorie B correspond au permis auto. Dans mon cas, c’est ce que j’ai fait, c’est pour ça que je souhaite en parler davantage dans cet article. J’avais passé à 18 ans le code de la route et obtenu le permis voiture. J’ai accumulé de l’expérience sur la route pendant des années et j’ai décidé de découvrir le milieu de la moto sans forcément investir trop d’argent et trop de temps, donc sans passer le permis moto.

3 modules sur 7 h

Cette formation de 7 h s’articule autour de 3 modules : 2 h de théorie, 2 h de pratique hors circulation sur un parking et 3 h de pratique en circulation, sur route ouverte. Certaines moto-écoles proposent les trois modules de manière séparée pour ceux qui n’ont pas beaucoup de temps. Pour ma part, j’avais préféré prendre une moto-écoèle qui proposait la formation de 7 h sur une journée complète, cela permettait en un temps court, un samedi, du matin jusqu’au soir, avec 3 élèves maximum de faire toute une journée consacrée à la moto.

Attestation 125 cc pour les titulaires du permis B depuis plus de 2 ans

Cette formation n’est pas pour autant une formation au rabais. Bien sûr cela dépend des moto-écoles. Par exemple, la partie théorie n’était pas dans une salle devant un écran de télé, mais dans un garage, chez un concessionnaire, on a pu alors aller dans l’atelier, voir les motos et discuter de tout l’aspect mécanique. Pour la partie pratique, il y avait 2 h de formation sur un parking avec des exercices proches de ceux du permis moto. Enfin, dernière étape, les 3 h de formation dans la circulation. C’est une formation qui s’adresse à des gens qui ont le permis voiture, qui ont donc l’expérience de la route. Cela permet de ne s’attarder qu’aux spécificités du 2-roues. Vous êtes un plus petit gabarit, vous êtes moins visibles des automobilistes, comment se positionner, comment faire les contrôles d’angles morts ? Ce sont ces petites subtilités, précises, qu’il faut connaître pour être serein quand vous arrivez sur la route avec un 2-roues et que vous n’avez pas l’habitude de conduire ce genre de véhicule.

Ce n’est qu’une équivalence

Au final à l’issue de la journée et en échange d’environ 250 €, vous avez une attestation qui est liée à votre permis B. Si vous n’avez plus le permis B, vous perdez votre attestation et vous ne pouvez plus rouler avec une moto 125 cc. La différence avec un vrai permis A1 que vous pouvez passer à partir de 16 ans est que cette équivalence n’est justement qu’une équivalence qui n’est reconnue qu’en France. Vous ne pourrez pas aller dans d’autres pays européens avec ce papier. De même, le fait de passer cette formation ne vous donne aucun avantage quand vous allez passer le vrai permis moto. Quand vous êtes titulaire du permis A1 et que vous vous inscrivez au permis A2, le volume horaire de la formation initiale n’est plus que de 15 h au lieu de 20 h. La conséquence est que le permis vous coûtera moins cher. Ce n’est pas le cas avec cette formation 125 cc.


La moto-école

Petit, pratique, économe, le scooter 125 cc a beaucoup d’avantages !

Quel usage pour un 125 cc ?

J’ai passé la formation 125 cc après plusieurs années d’expérience avec un permis B. Aujourd’hui l’usage que je fais de la moto est, en semaine des trajets en ville pour aller au travail, et le week-end ou pendant les vacances, je me sers de la moto pour faire des longues balades sur la journée ou sur plusieurs jours.
Avec une moto d’une cylindrée de 125 cc je ne me voyais pas partir en vacances avec. Le seul usage que je pouvais faire de mon attestation de formation 125 cc était pour des trajets quotidiens. C’est la raison pour laquelle j’avais choisi à l’époque d’acheter un scooter. C’est un objet qui n’est pas très cher, qui est facile à maîtriser, qui se faufile partout, pas très lourd et peu cher à l’assurance et en carburant. C’était un excellent moyen de découvrir le monde du 2-roues et d’acheter tout un équipement. Bref, j’étais paré pour m’inscrire au permis moto !

Prêt pour le gros cube

S’il a fallu 2 ans entre le moment où je passe la formation 125 cc et où je m’inscrive au permis moto, c’est tout simplement à cause du code de la route. Il faut savoir que le code de la route est valable 5 ans après l’obtention d’un permis. Ce délai avait expiré. Je devais repasser le code de la route pour m’inscrire au permis moto, et je ne souhaitais pas le faire. Le code à l’époque était gratuit, vous pouviez contacter la préfecture pour avoir une place et il fallait attendre au moins 6 mois. Le fait de passer par une moto-école est que chaque semaine il y a des places réservées. Cela permet de passer le code beaucoup plus vite. Aujourd’hui c’est différent. Il y a en France des opérateurs privés qui pour 30 € vous permettre de passer le code. Si c’était à refaire et si j’étais candidat au code de la route, je ne passerais pas par une moto-école, je passerais par ces opérateurs privés, bien plus simple, surtout avec des cours en ligne.

Le choix de la moto-école

La question qu’on me pose souvent est celui du choix de la moto-école. Comme je devais passer le code de la route, je suis passé par une moto-école pour avoir les places réservées chaque semaine lors des examens. Malheureusement les moto-écoles ne donnent pas ces places au premier venu. Vous devez faire preuve de présence dans les locaux et montrer que vous avez le niveau pour être présenté à l’examen du code de la route afin de ne pas faire baisser les statistiques de la moto-école. Ainsi, je n’ai pas réellement choisi la moto-école, j’ai pris la moto-école de mon quartier pour avoir la certitude de pouvoir y aller tous les jours et faire une heure de session d’exercices après le travail. La proximité de la moto-école était pour moi le critère qui m’a permis de choisir.

Le lieu d’entrainement

Bien sûr il y a d’autres critères, notamment le prix. Globalement un permis moto coûte 700 ou 800 € avec le code de la route. Pour rappel, si vous êtes titulaire du permis A1, le volume horaire est réduit, vous n’avez que 15 h au lieu de 20 h, donc c’est moins cher d’environ 100 à 150 €. Il y a deux points à savoir : le premier c’est celui du terrain sur lequel vous allez faire les exercices hors circulation, ce que l’on appelle le plateau. Soit la moto-école possède des terrains privés, dans ce cas elle peut s’en servir comme elle le souhaite. Soit la moto-école n’a pas de terrain et en général c’est sur des grands parkings. À Montpellier, par exemple, c’est sur le parking du parc des expositions et malheureusement ça peut coincer car toutes les moto-écoles viennent en même temps s’exercer.

Les disponibilités

Le deuxième point, c’est celui des disponibilités. Certaines moto-écoles proposent les cours le samedi. C’est bien, mais tout le monde veut faire les cours le samedi ! Là encore il y a embouteillage au niveau de la formation. Pour ma part, ma moto-école ne proposait pas de cours le samedi mais je me suis arrangé pour faire les courses en semaine. C’était plus tranquille, d’autant que j’ai passé le permis pendant mes vacances. La moto-école avait fait le choix de faire des sessions de 3 h. Cela permettait notamment de prendre en compte le trajet pour aller de la moto-école jusqu’au parking, faire les exercices et revenir. Globalement, il y avait une demi-heure de trajet, 2 h d’exercice, et une demi-heure de retour. C’était pas mal car faire uniquement 3 h de plateau n’est pas très réjouissant et devient vite fatiguant. Au moins vous pouviez conduire un petit peu la moto pour l’avoir en main, faire les exercices, et revenir à nouveau avec la moto.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous devez avoir le code de la route avant de commencer ces exercices puisque justement vous allez vraiment rouler sur route ouverte avec la moto même si vous n’avez pas encore le permis.

Avoir un planning

Un point où je peux vous mettre en garde quand vous vous inscrivez au permis moto, c’est de demander un planning et les disponibilités. Vous savez qu’il y a 20 h de formation. Au moment de l’inscription, demandez quand est-ce que vous allez pouvoir faire ces heures de formation. Je vous expliquais plus haut la notion du samedi qui n’est pas forcément un bon plan. Il faut que vous puissiez planifier tout de suite au démarrage vos 20 h, voir à quelle date vous allez pouvoir passer l’examen du plateau, puis le deuxième examen, la circulation. Dès ma première semaine, j’avais 3 séances de 3 h ce qui nous faisait 9 h de formation. Puis la semaine suivante, 2 séances de 3 h, on arrivait déjà à 15 h de formation. Et la troisième semaine, j’étais inscrit pour passer les épreuves hors-circulation.
Effectivement, ça fait beaucoup d’heures en peu de temps, mais comme j’étais en vacances, avec la reprise du travail cela aurait été plus compliqué de poursuivre. C’est pour ça que certains mettent 6 mois ou 1 an avant de passer le permis moto car il n’ont pas su anticiper leur planning. Bien sûr, il y a aussi des périodes à éviter. Tout le monde veut rouler à l’été avec sa nouvelle moto, donc s’inscrivent au permis au printemps. Il y a un risque d’embouteillage au niveau des places de disponibilité pour passer les examens à cette date.


Les épreuves

Le permis moto correspond à 3 épreuves distinctes. La première épreuve est le code de la route. C’est le même que le code voiture, vous vous placez comme un conducteur d’un véhicule à 4-roues. Inutile d’en parler davantage. Les autres épreuves sont spécifiques à la moto. La première est hors circulation, on parle aussi de plateau sur un parking. Avec des plots, vous allez faire différents exercices de maniabilité. Enfin l’épreuve en circulation en condition réelle. Vous allez rouler et vous allez avoir un inspecteur derrière vous en voiture (le moniteur pendant vos heures de formation) qui va vous regarder et vous donner des indications dans l’oreille.

Gare aux chutes pendant vos sessions de plateau !

La formation

Bien souvent les candidats au permis moto ont un permis voiture et la difficulté va donc être le plateau

Le permis moto est une formation de 20 h. Normalement la répartition doit être de 8 h pour préparer le plateau et 12 h pour préparer la circulation. Je dis bien normalement car dans les faits c’est très rarement le cas. Bien souvent les candidats au permis moto ont un permis voiture et la difficulté va être le plateau. Sur les 20 h vous allez peut-être passer les 2/3 voire même les 3/4 de votre volume horaire sur le plateau et finalement peu de temps à la circulation. Ce point là sera abordé plus tard.
Certaines moto-écoles possèdent un terrain privé, c’est à dire que quand vous avez rendez-vous vous allez directement sur le terrain du plateau à l’heure prévue pour faire vos exercices. La plupart des moto-écoles n’ont pas de terrain, elles vont sur un parking public mis à disposition par les villes. Il faut donc aller vers ce parking et comme vous y allez en général avec la moto de la moto-école cela est décompté de votre volume horaire. Je trouve ça cependant très bien car ne faire que du plateau pendant plusieurs semaines puis que de la circulation est fatiguant. Conduire la moto sur route ouverte, faire les exercices sur le plateau, puis rentrer au garage de la moto-école, bref, varier les exercices, n’est pas plus mal !
Pour ma part dès l’inscription j’avais un planning complet avec mes 20 h qui étaient planifiées avec les dates d’examen. En 2 semaines, j’avais déjà fait 15 h de cours uniquement consacrées au plateau avant d’être présenté à l’examen. C’est un peu court, j’étais en vacances, j’avais une contrainte de temps. Il faut savoir que pour chaque épreuve il y a 2 tracés possible, un avec un départ à droite et un avec un départ à gauche, ils sont symétriques. C’est le jour de l’examen que l’examinateur choisit quel tracé va être mis en place. Ce n’est que la veille de l’examen, malgré mes 15 heures de formation, que je me suis entrainé sur le circuit miroir !

Une deux variantes de l’épreuve à allure réduite

Un échec

Pour vous rassurer j’avais pris un forfait avec la moto-école qui donnait droit à 2 présentations à l’examen. Il était plus cher de seulement 60 € et permettait d’avoir une deuxième présentation et 2 heures de formation supplémentaire. Cela autorisait donc un échec. J’ai bien fait car, oui, à la première présentation au plateau, j’ai échoué. Poser un pied à terre est une faute, être trop rapide sur le lent, est encore une faute. J’ai combiné les deux fautes et donc j’ai été recalé. La moto-école m’a représenté sans surcoût la semaine suivante. Les candidats qui étaient avec moi et qui avaient réussi eux leur plateau ont d’ailleurs passé leur épreuve de circulation le même jour, alors que je repassais le plateau. Et cette fois-ci, je l’ai eu ! Je ne parle en détail des épreuves du permis car il y a déjà une quantité d’articles qui expliquent ça très bien. Je souhaite uniquement partager mon expérience dans cet article.

La circulation

Au final, j’ai passé 18 h de formation pour préparer et réussir seulement l’épreuve du plateau. Il me restait donc 2 h sur mon forfait pour préparer et passer l’épreuve de circulation. C’est peu, c’est très peu, car normalement c’est 12 h ! Avec ces 2 h, on est loin de ce qui est exigé. Mais sachant qu’à chaque séance où on allait sur le plateau je prenais la moto, le moniteur nous regardait, nous donnait des conseils, donc ce n’était pas uniquement 2 h sur la route. Rassurez-vous, avec uniquement avec cette micro formation à l’épreuve de circulation, mais aussi avec l’expérience de la route en voiture ou en scooter, j’ai eu le permis moto !

Un permis en 6 semaines

Au final, entre l’inscription, le code, les différents passages d’examen, il m’a fallu 6 semaines pour avoir le permis moto. J’aurais pu raccourcir ce délai à 4 semaines si je n’avais pas raté le plateau à la première présentation. Si vous choisissez bien les dates, bien sûr évitez le printemps et l’été, vous pouvez avoir le permis très rapidement. La course au permis n’est pas un objectif, vous avez le droit de prendre 6 mois ou 1 an pour le passer.

Seul le permis définitif permet de voyager en Europe. Attention à vos road trips !

Une fois le permis obtenu, vous téléchargez une attestation sur internet valable 4 mois. Il faut attendre le permis définitif au format carte de crédit pour conduire en Europe car l’attestation papier ou numérique est valable uniquement en France. Attention si prévoyez un road trip en Europe dès l’obtention du permis car vous ne pourrez pas sortir des frontières nationales.
Une fois que vous avez le permis, est-ce que pour autant vous êtes un bon conducteur, un bon pilote, un bon motard ?


L’après permis

La formation au permis moto nécessite 20 h avec une partie plateau hors circulation et une partie sur route en circulation. À l’époque si vous aviez plus de 24 ans vous pouviez directement passer le permis A sans limitation puissance. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, tout le monde passe le permis A2 avec une puissance limitée à 35 kW et vous devez attendre d’avoir deux ans d’expérience pour passer une formation complémentaire et obtenir le permis A.

Apprendre à réussir plutôt qu’à conduire

Ce permis moto, tous les moniteurs vous le diront, et la plupart des motards ont en conscience, quand vous vous inscrivez à la moto-école, vous vous inscrivez, non pas pour apprendre à conduire une moto, vous vous inscrivez pour obtenir le permis moto. C’est là la grande différence. Vous savez quels exercices vous allez devoir faire le jour de l’examen, vous savez que vous devez faire un freinage d’urgence, vous savez que vous devez faire un évitement à 50 km/h. Tout est préparé, tout est répété. Les heures que vous allez faire sont des heures pour apprendre ces exercices bien précis.

Quand bien même vous avez votre permis (…) vous ne savez pas conduire

Certes, l’évitement est censé rappeler une portière qui s’ouvre avec un automobiliste qui n’a pas regardé avant d’ouvrir la porte. Un freinage d’urgence simule une voiture qui pile parce qu’il y a une priorité à droite qu’elle a vu au dernier moment. Ce sont des cas concrets qui ont été transposés dans un examen théorique. Quand bien même vous avez votre permis au bout de 20, 30 ou 40 h, vous ne savez pas conduire, vous n’avez pas l’expérience nécessaire pour se prendre pour un pilote.

Apprentissage progressif

C’est aussi la raison pour laquelle je n’ai pas voulu passer directement le permis moto. J’ai eu cette étape transitoire avec la formation 125 cc qui m’a permis de rouler à deux roues en ville pour bien être conscient de tous les dangers que cela représente. Quand il pleut, il faut éviter les bandes des passages piétons, il faut éviter les plaques d’égouts car ça va être glissant. Une chose que je trouve bien avec la généralisation du permis A2 est que cela impose au bout de 2 ans d’expérience de faire une formation complémentaire de 7 h pour pouvoir prétendre à conduire une moto plus puissante. “Imposer” est faux car vous pouvez rester toute votre vie avec le permis A2 mais si vous voulez conduire des motos plus puissantes vous devrez refaire une formation. Cela a un coût, certes, mais vous pouvez très bien intégrer ce coût lors de votre inscription au permis A2, vous savez que vous allez ajouter 250 € dans deux ans pour faire cette passerelle du permis A2 vers le permis A.

Inégalité du permis auto-moto

L’accès progressif à la puissance (…) est un point qui me plaît

Un point qui moi me dérange est l’inégalité entre les motos et les autos. Le permis voiture vous permet de conduire n’importe quelle voiture, le permis moto, non. Vous avez une limitation de puissance avec un 2-roues. Ce point d’inégalité me dérange. L’accès progressif à la puissance, en revanche, est un point qui me plaît. Je trouve ça très intéressant. Certaines moto-écoles proposent d’ailleurs pour la passerelle du permis A2 à A des sessions sur circuit. Alors le circuit n’est pas la réponse à tout. Notamment le circuit apporte une facilité dans la mesure où c’est un circuit à sens unique, tout le monde roule dans le même sens, donc personne ne viendra en face et les trajectoires sont totalement différentes. Vous n’êtes pas sur une route ouverte, il n’y a pas de piétons, d’obstacles ou de dangers qui surgissent. Le circuit est un très bon exercice pour améliorer sa conduite, pour maîtriser sa moto, la vitesse, le freinage, mais ce n’est pas la solution à tout. Vous pouvez être très bon sur circuit, et finalement être très mauvais sur la route car justement, sur la route, vous devez être attentif aux éléments extérieurs.

Le point qui pour moi est le plus important et qui est l’élément qui m’a décidé à partager mon expérience sur le permis moto, est vraiment d’avoir conscience que quand vous vous inscrivez au permis moto, à l’issue de l’examen, vous ne serez pas un bon pilote, vous aurez juste le droit de conduire sur route ouverte.

Continuer la formation

Les gens veulent avoir le permis le moins cher possible

Malheureusement si vous voulez faire des formations à posteriori après avoir obtenu le permis, prendre des cours de perfectionnement, c’est très difficile à trouver. Pour le permis A2, il y a la passerelle de 7 h. Vous avez le circuit également, mais pour beaucoup le circuit représente un aspect sportif.
Chaque année, un peu partout en France on trouve des journées de sensibilisation à la sécurité routière pour les conducteurs de 2-routes. J’ai pu participer au rallye gendarmerie organisé à l’initiative de l’escadron de sécurité routière du département de l’Hérault à Palavas. C’est comme si c’était gratuit car il y a un droit d’inscription de 20 € mais il permet de prendre en charge le coût du repas. C’est une journée où les gendarmes vont vous conseiller, vous regarder, ils vont vous donner des techniques pour vous améliorer, pour prendre la meilleure trajectoire. Ce sont des très bonnes initiatives et malheureusement on en trouve peu.

Rallye Gendarmerie 2017 & 2018, EDSR 34

Je vois rarement de moto-écoles faire des heures de formation de perfectionnement. Mais finalement qui est prêt à payer pour apprendre à conduire sans avoir un objectif et un examen à la fin ? Je pense même que beaucoup seraient prêts à payer deux fois moins cher et avoir deux fois moins d’heures de formation ! A l’inverse, si le moniteur vous dit que vous pourrez avoir votre permis avec 20 h mais vous conseille de faire 40 h pour avoir un meilleur niveau mais qu’il faudra payer deux fois plus, la plupart vont répondre non. Malheureusement tout est dirigé par le coût, les gens veulent avoir le permis le moins cher possible.
Un conseil, quand vous avez le permis, oui, vous avez le droit de conduire, ce n’est pas pour autant qu’il faut se surestimer. C’est important d’être entouré par des motards un peu plus expérimentés qui vont vous donner des conseils. Moi ce qui m’a vraiment aidé et ce sera l’objectif du prochain paragraphe, c’est YouTube et l’aspect pédagogique que représente les vidéos.


Le permis & YouTube

Les moto-écoles (…) sont là pour vendre des heures de formation pour passer le permis

J’ai commencé à regarder des vidéos de moto sur YouTube quand j’ai eu ma formation 125 cc et que j’ai acheté mon scooter. J’avais envie d’apprendre, d’en savoir plus sur le monde du 2-roues. Malheureusement les moto-écoles sont là pour vendre des heures de formation pour passer le permis. Elles ne sont pas là pour faire des cours sans but précis. Si vous venez en disant je veux apprendre à mieux conduire, vous avez le permis, c’est suffisant, vous pouvez rouler et vous débrouillez tout seul. La moto-école n’a rien à vous proposer.

On trouve de tout

Sur YouTube, on trouve beaucoup de contenu. Bien sûr tout n’est pas à vocation pédagogique. Par exemple des vidéos d’accidents est un concept intéressant. Cela permet de prendre conscience des dangers qu’il y a sur la route. Le fait de voir des accidents permet de s’en souvenir et d’éviter de les reproduire.
Bien sûr il y a toutes les vidéos consacrées au permis moto, aux différentes épreuves, le plateau, la circulation et notamment les fiches moto que vous devez apprendre et sur lesquelles vous serez interrogé pendant l’examen.
Ensuite il y a les vidéos de moto de tous les jours. C’est notamment en voyant des vidéos de gens qui finalement ne roulaient pas très bien, qui faisaient un peu n’importe quoi sur la route que ça m’a convaincu de passer le permis moto. Si ces gens là ont eu le permis, il n’y a pas de raison que moi je ne l’ai pas. Si ces gens là ont une GoPro, filment un peu n’importe quoi, le partagent sur YouTube, il n’y a pas de raison que moi non plus je n’ai pas le droit d’avoir une GoPro, de filmer des choses sur la route et de les mettre sur YouTube.

Ouvert à tous

Sans ma GoPro (…) j’aurais probablement eu une progression (…) plus lente

J’avais tendance à penser que les chaines YouTube dédiées à la moto étaient réservées aux gens experts, aux gens qui savaient très bien conduire, très bien piloter. Finalement, non, pas du tout ! YouTube est ouvert à tout le monde, au plus grand nombre, tout le monde a le droit de partager des choses en fonction de son niveau. Toujours dans cet esprit pédagogique, quand j’ai commencé à me filmer, que ça soit avec une GoPro sur le casque ou sur le carénage de la moto, ça m’a permis de me rendre compte de ma façon de conduire. Je dois l’avouer, à mes débuts, je ne savais pas très bien conduire. Mes trajectoires étaient très mauvaises ou le freinage trop prononcé en virage. Bref, beaucoup d’erreurs et c’est en me voyant que j’en ai réellement pris conscience. Sans mes vidéos, sans ma GoPro, sans ma chaîne YouTube, j’aurais probablement eu une progression dans le pilotage de la moto plus lente. L’idéal étant même quand vous êtes filmés par quelqu’un d’autre : une vue à la troisième personne aura un impact encore plus significatif sur l’apprentissage.

De la pédagogie

Pour moi c’était vraiment ça le point de départ : YouTube apporte de la pédagogie. YouTube m’a aidé à mieux conduire, en regardant les autres, en apprenant des autres. Il y a des vidéos sur les trajectoires, sur le freinage, sur le regard. Mais c’est aussi mes propres vidéos qui m’ont aidé à m’améliorer parce que je me suis rendu compte que je n’étais pas très à l’aise sur ma moto. D’ailleurs ceux qui me suivent depuis 2016 ont probablement du voir une amélioration !

Conclusion

Voilà en quelques mots ce qu’il faut retenir. Oui, quand vous vous inscrivez au permis moto, on vous apprend à avoir le permis, pas à conduire. C’est impératif une fois que vous avez le permis de continuer à apprendre. Soit avec des collègues, avec des gens plus expérimentés. Soit en regardant des vidéos sur YouTube. Soit en faisant des cours sur circuit ou la passerelle du permis A2 vers le permis A.
Bref, il y a de multiples façons d’apprendre. Surtout ne vous arrêtez pas. L’obtention du permis n’est pas la fin, c’est le début d’une aventure. A force de rouler, vous allez progresser. Depuis que je suis sur YouTube ma conduite s’est améliorés et je sais qu’il y a encore une très grosse marge de progression, donc non, je ne vais pas m’arrêter !


https://youtu.be/VFlIiifLgGo

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Julien
Montpellier, France

Originaire du sud de la France, je partage à travers ce blog moto des balades à vocation touristique au guidon de ma Desert Sled Scrambler Ducati.